Le Soleil au Zénith

Décapiter la fleur - foi de Samouraï

 

     Dans la vieille Chine confucéenne du « Dernier Empereur », la fourmilière est clairement établie. L'Empereur est le roi-fourmi, le centre sexuel de la fourmilière multimillénaire chinoise, avec les milliers de concubines, ses milliers d'eunuques et une cité interdite qui est en fait la zone rouge. Et puis Confucius l'a dit : « L'esclave doit obéir à son maître, le paysan au commerçant, le commerçant à l'aristocrate, et l'aristocrate doit fidélité à son Empereur – la femme à son mari, le fils à son père, le serviteur au maître. La morale aussi rigide que la carapace luisante des individus, et le conformisme exacerbé et  morbide de la fourmilière, tiennent leur légitimité de l'Empereur sexuel et divin.

 

     Dans l'Inde d'avant les anglais, la société est également organisée comme une fourmilière – il y a la caste des fourmis « intouchables », les fourmis ouvrières, les paysannes, les commerçantes, les soldates, les brahmanes (celles qui ont reçus les clés de cette grande famille à castes « des mains » de Dieu).

 

     Suite à un Moyen âge également « très moral », en Europe, on a failli choisir entre la fourmilière sexuelle chinoise (le roi-soleil et sa cour) et l'indienne à castes (l'aristocratie, le clergé et le tiers-état). Et puis il y a eu la révolution française, puis le siècle des lumières. Alors on a voulu recommencer à parler de l'homme, de la femme, des chiens et des chats comme compagnons pas que sociaux ni humains, de la nature et du Cosmos infini.

 

     Depuis ici l'apparence est de nouveau humaine !?

 

 

 

 

     Mais ici ils parlent entre eux chaque jour « le langage des travailleurs et de ceux qui comprennent le travail ». Toutes castes confondues ils peuvent parler pendant deux heures d' « enculés de … », de « sales pédés » (dans leur bouche entre eux l'expression est souvent affectueuse), de « sale bâtard » – et puis pendant deux autres heures ils parlent surtout de Football. Parfois il leur reste deux heures de leur temps libre – où ils ne sont pas assaillis d'intérêt pour le travail – et ils ont une pensée « droite sortie du cœur » pour Paris Hilton, Lady Diana ou la Reine d'Angleterre (qui est la reine de la ruche, un monstre vain et dénué de toute pitié, sèchement avide, à jamais, d'égoïsme de classe, de sécurité et d'honneurs pompeux).

     Le reste du temps ils sont toujours actifs, surtout dans le travail, tous des battants et des winners, et ils se regardent bizarrement.

 

 

 

 

     Il suffit de goûter un peu au monde du travail pour se rendre compte que derrière les apparences si humaines de l'Occident actuel, se cache tout un monde qui a le sang froid et des carapaces brillantes (à la manière des insectes sociaux).

 

     Prenons le beauf type qui regarde un match de foot à la télé, avec sa canette de bière et sa femme bien rangées sous la main. C'est une caricature de mâle, il n'y a rien de possiblement vrai là-dedans. Le Foot est en soi un joli sport, mais la religion de ses « groupies du ballon rond » est « bizarre ». Il est impossible qu'une telle proportion de la population ait de concert de telles affinités. Contrairement au volley, au basket et au hand-ball, où l'on peut suspecter que les spectateurs ont vraiment du goût pour leur activité – pour le Football on peut être sûr à 99 % que ses « groupies du ballon rond » ne sont pas des individus à part entière, que la mode du Football permet juste à ces demoiselles viriles qui se nomment « supporters », parce qu'ils ne sont rien en tant qu'homme – de « paraître » des mâles par l'effet grossissant de la masse, de la horde, de l'appartenance à la foule.

 

 

 

 

 

     Certains entomologistes ont remarqué que chez les fourmis prétendument asexuées, il y avait des attouchements, des caresses entre elles qui ne laissent aucun doute qu'il y a aussi une « apparence » de sexe entre consœurs fourmis.

 

     Les Lemmings de Scandinavie, eux,  sont des rats qui vivent par millions dans des terriers. Tous les ans à la même date, ils semblent littéralement déborder d'énergie. Ils sont pris de frénésie joyeuse et puis ils vont se jeter (par millions) dans la mer du nord, pour s'y noyer en masse. (La croyance populaire est persuadée que les lemmings se suicident en masse lors des migrations. Il est vrai cependant que des lemmings tombent des falaises ou dans des étangs simplement à cause de bousculades dues à leur grand nombre).

 

     Les sociétés occidentales sont entre celles des fourmis et celles des Lemmings.

 

     En Europe ce n'est pas comme dans le Tiers-monde. On peut tout.

 

     Malgré les machines esclaves (les usines, les frigidaires, les robots, les ordinateurs, les camions, les machines à laver), on n'y vit pas tellement différemment d'il y a un siècle.

 

     Aujourd'hui on pourrait n'y travailler que deux heures par jour, et il y aurait encore des milliardaires et des fusées dans l'espace. Il suffit de réfléchir à la seule économie de temps que dispense une machine à laver, de penser que les femmes ne travaillaient pas avant, et qu'un ouvrier de base, il y a deux siècles, entretenait déjà facilement une famille de 6 personnes, ce qui est (aujourd'hui) devenu impossible.

     C'est l'esprit d'ici qui théoriquement peut tout sur la matière, et juste un choix de société qui fait, malgré tout le progrès technique, que l'on n'y vit pas tellement différemment d'il y a un siècle.

 

     Comme en 14-18 (et même 39-45, mais en 14-18 ils n'ont même pas pu justifier après coup toute cette boucherie par un « prétexte moral », ce qui les rend plus transparents) – les gens veulent mourir.

 

     Ici il y a trop d'énergie et elle demande à exploser. C'est juste que comme en 14-18 - les gens veulent tous mourir et se consumer. Mais comme aujourd'hui la guerre est devenue difficile, ils rêvent de mourir et de se consumer avec drapeaux, médailles et galons, mais cette fois – par le travail.

 

     Particulièrement aujourd'hui, il y a dans les pays développés un excès d'énergie qui tend à « se libérer ».

 

 

 

 

 

     Je ne me suis jamais vraiment intéressé à la politique (derrière les règlements et les étiquettes il y a toujours les hommes : certains pays d'Afrique noire ont des lois même mieux conçues qu'ici, mais elles ne sont jamais appliquées).

 

     Il me semble néanmoins que Sarkozy en 2007 (si tu te souviens) s'était fait porter par la vague de tous ceux qui veulent mourir (avec décorations, cérémonies et honneur) sur le front du travail (qui n'a pas de fin ni de finalité autre). Sarkozy est le phénomène phare de l'homme toujours occupé, toujours stressé mais pour la cause, toujours pressé, toujours plus de galons, de responsabilités, de travail et d'honneur – de tous ces travailleurs qui veulent tous mourir et se consumer par le travail : travail, religion, travail.

 

     De loin, on pourrait dire que le monde est bien fait. Mais que l'on soit un travailleur ou juste « englué » de loin par l'état d'esprit général – il n'est pas si facile d'échapper à la chair à canons, à la chair à travail : elle est aujourd'hui partout.

     Mais moi je ne veux pas mourir et être consumé par le travail ("le travail rendrait libre : nacht und nebel").

 

     Dans l'Egypte Antique des millions d'hommes sont morts pour la construction du tombeau d'un seul. C'est ce que les travailleurs civilisés d'aujourd'hui appellent aussi avec admiration une civilisation : mourir par millions pour construire un tombeau.

     Les pyramides antiques sont comme des cônes d'encens, où se sont consumés tous les inutiles, tous si fiers d'avoir laissés une telle trace  de leur inutilité, de leur volonté de mourir (la plupart des bâtisseurs étaient apparemment des « hommes libres »). Aujourd'hui les cônes d'encens auront une forme un peu moins classique, mais jamais autant leur fumée odorante n'aura pris à la gorge.

 

     Il faut que se consument sur l'autel des dieux la chair à canons, la chair à travail, les hommes inutiles.

 

     Il faut tâcher de ne pas faire partie du sacrifice aux dieux, de n'être pas consumé comme de l'encens ou du beurre sacrificiel, de ne pas faire partie de l'hécatombe (sacrifice de 100 bœufs aux dieux), de ne pas faire partie des hommes inutiles.

     « Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements. »

                                                                                               (Charles Darwin /1809-1882) 

  

 

 

 

 

     Ainsi certains professionnels, parmi ces animalcules mutants que produit le monde du travail, murmurent :

 

     "Tournes la sympathie entre nous, les futures cellules, humanoïdes associés, et vas t'en, tu es trop compliqué. Nos enfants seront nous-même.

      Plus tard nous serons immortels, notre multitude de Clones sera comme les cellules d'un seul corps sacrifié.                  

      Les civilisations sont mortelles, mais nous, nous serons toutes les civilisations. Le futur sera religieux, moral, politique - unique pour tous – ou il ne sera pas. Chacun sera coulé dans la forge incandescente, nous serons tous sortis de la même matière, et coulés dans le même moule."

 

 

 

 

             Vous prenez vos désirs pour une finalité, et je ne vous laisserai pas l'espoir. Et vous-même, mes frères et mes cousins, et même vous, mes bonnes soeurs : vous serez le nœud et la concorde pour l'entité sociale. Quand vous serez entièrement absorbés en elle, quand vous n'y ferez plus attention, alors la Cité mégatronix sera décapitée comme une fleur géante que l'on coupe d'un coup de lame expert.

 

            Sa corolle tombera sur le sol.

                                                                                                                            

            Je respirerai ses phéromones de couleurs et de sons, et je boirai son nectar. Elle se donnera à moi.

 

 

 

 

             Avec les os et la chair parfumée de ce géant abattu, les dieux façonneront une nouvelle terre.

            Oui, mais cette nouvelle Terre sera pour moi, et pour ceux qui me ressemblent.

 

 

 

 

 

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11/05/2007
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