Le Soleil au Zénith

Le crime était presque parfait

 

 

     Parce que tu crois que les scientifiques qui torturent les bêtes pour leurs recherches, ils le font pour le bien de l'humanité !? 

 

     Eux qui aiment tellement les bêtes aiment tellement les gens !

     Oui, je suis redevable à la Science.

     C'est extraordinaire.

     Les cris de tous ces torturés, dans la bonhomie et le calme si serein de la paix d'ici. Et cette conscience de vous devoir tant !

     Oui, Doc, votre ambition est extraordinaire.

     Mais vous n'aurez pas ma caution morale non plus.

     La mort me semble plus douce que bien des situations, des guerriers et des mandarins, et puis surtout que les gens simples.

 

 

 

 

      Telle association, de bonne volonté, vient en aide aux ados, on s'aperçoit plus tard que ses dirigeants étaient pédophiles. Telle organisation très morale entend tailler en pièces la misère, en fait ses dirigeants se font construire des villas avec piscine, par les SDF secourus. Tout le monde le sait – du moins tout le monde peut s'en rendre compte – ça ne change rien.

     On ne fait qu'acheter de la reconnaissance et des âmes pour pas cher.

 

     On voit dans un reportage sur les prisons U.S. pour mi­neurs, une quinquagénaire américaine, prendre dans ses bras un jeune bagnard de seize ans en criant : « Dieu t'aime ! Je t'aime ! Est-ce que tu m'aimes ? » Et ensuite cette bénévole attend du jeune bagnard qu'il lui hurle à son tour : « Oui, Dieu m'aime, et je t'aime, toi la visiteuse de prison bénévole ! ».

     Elle attend qu'il lui donne son corps et son âme.

 

     L'escroquerie affective et matérielle est presque sur­réelle, l'autre, le jeune, que peut-il vraiment faire ?!? On dirait qu'elle veut le dépecer de sa peau, de toute défense, de tout instinct.

     Le crime était presque parfait.

 

 

      Les professionnels de l'aide ont quelque chose d'hysté­rique, et d'intéressé : c'est toujours en sous-entendu. L'opinion publique le comprend ainsi, et la plupart se reconnaissent dans ce genre de chantages inesthétiques – pas chers, pas risqués, et qui peuvent rapporter gros, et même le paradis (!).

 

     Dans le « charité business » il y a aussi les riches qui cachent et justifient ainsi leur bonheur : ils ont peur de tout. Il y a des manières de voler qui sont belles, comme il y a des manières de donner qui sont monstrueuses.

 

     Dans le « charité business », sans être vu la cour des miracles – qui par la force du nombre souvent possède l'argent et le pouvoir – croit agir ; des braves gens c'est la bonne affaire.

     Cela, fasse que je ne le devienne pas.

 

 

     Il m'arrive moi aussi de « donner » à plus démuni que moi, mais dans ces cas là j'ai honte, et jamais je n'aurais l'idée de m'en vanter ! Dans ces cas là je fais bien attention à ce qu'on ne me prenne pas la main dans le sac.

 

     Je fais  attention que l'on ne me voit pas, et que celui à qui je donne ne puisse me fixer. J'ai honte pour lui, « mendier c'est quelque chose que personne ne peut ». J'ai honte pour moi. J'ai honte pour les autres. Il y a peu de situations plus humiliantes. L'humiliation c'est la haine et le malheur.

 

     Oui, je ne suis là que pour discuter.

     Je vais prendre une attitude sérieuse, celle du BCBG à la mode très bien.

     Tant de malchance à autrui je souhaite, que je ne peux m'empêcher de maudire – cela m'arrive – et cela ne se fait plus. J'attends mon heure.

     Tout cela pour démontrer que je ne suis pas mangeable, même par les petits mecs et les grands scientifiques et les braves gens – et leur charité.

 

     Que je t'enlève tes illusions, et tu n'as que ça, et que je retrouve les miennes. On appelle ça avoir du goût pour la vie.

 

     La vie nous trans­forme et nous révèle.

     Je ne critique pas l'aide aux plus démunis.

     C'est la manière de faire qui trahit les vocations réelles, et aboutit au même point.

     C'est du vent, et c'est pour ça que ça manque de pudeur ; dans le geste quelque chose de pas beau ?

 

     Ici cela n'est pas une république bananière (paraît-il !? !) qui se situerait en dehors de l'Occident : ici l'image et l'apparence sont trompeuses, la réalité plus complexe qu'elle ne le laisse paraître ?

 

 

 

 
 
     Et il faut que tu n'aies aucun doute. Tous ces bons génies, ces gens moraux qui pratiquent tristement la pornographie humanitaire et la pornographie religieuse, ils ne sont pas gentils.

 

     [Wikipédia: Couramment, l'adjectif gentil qualifie une personne bienveillante. Dans la fiction, un gentil est un personnage qui fait le bien, généralement opposé à méchant]

 

 

 

 

 

 

    Odal GOLD        www.odalgold.com

 

 

 

 

 

 

  PS :

 

 

   « L’Honneur perdu d’Emmaüs, et des autres... » (de Christophe Leclaire)

 

 

Une référence française

 

     La toute première fois où j'ai vu l'abbé Pierre étalé à la télévision, ses immenses oreilles de rat, son bec de fouine, sa voix sortie du moyen âge des inquisiteurs, des serfs et des cours des miracles – je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cet homme n'était « pas beau ». Et malgré tout l'aura médiatique et bien pensante illuminant cet homme, je me suis dit que la laideur qu'il « dégageait » physiquement n'était pas que subjective. Que la difformité de cet être était une évidence.

     (Il vantait tellement la « charité » : c'était juste fait pour me faire oublier la « solidarité ».)

 

     On dit que la vérité sort de la bouche des enfants. Mais peut-être que moi aussi, je ne suis pas encore trop pollué par le diktat des adultes ?

 

 

 

 

  Emmaüs, territoire perdu de la république

 

     « Pour répondre à une vieille demande d'Emmaüs, le décret d'application du revenu de solidarité active (RSA) met fin à un critère essentiel du contrat de travail : la subordination entre l'employeur et l'employé. Désormais, les travailleurs au sein des communautés, notamment celles d'Emmaüs, pourront être employés sans chef, sans hiérarchie.

     Déjà, l'aura de feu l'abbé Pierre protégeait les communautés des contrôles tatillons de l'inspection du travail. Ce qui relevait d'une sorte d'immunité de fait devient maintenant légal. Chez Emmaüs, 4000 compagnons pourront ainsi travailler hors du salariat. Sans contrat, sans garantie du Smic, sans couverture sociale du régime général. » [*]

     (Nota : ils touchent au mieux ce qu'on appelle toujours « un pécule » d'environ 40 € / mois (!) dans la maison.)

     « Certes, un agrément ministériel est nécessaire pour se prévaloir de ce statut. Mais les communautés d'Emmaüs l'obtiendront sans difficulté, puisque la loi est taillée sur mesures pour elles. Cette entaille dans le contrat de travail fragilise tout l'édifice de protection des salariés, et ouvre la voie à d'autres régressions. » [*]

 


 

     Pourtant c'est fou.

     La population française aime pour toujours, comme un écho de ce qu'elle se sait être, l'abbé Pierre et sa créature Emmaüs.

 

     Je pense qu'il y en a – beaucoup, en particulier chez les plus pauvres – pour prier Saint Financier, l'immaculée bonne affaire, le Paradis gagné avec trois sous, Notre Mère Loterie, la monnaie, le keufri à porté de tous, l'artiche malin, le Flouze qui peut encore descendre du ciel étoilé.

 

 

                                                                          [*]  Marianne no 641

                                                                                Tiré du texte de Emmanuel Lévy





11/05/2007
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