Le Soleil au Zénith

Qu'est-ce qu'une société disneylandisée ?

 

 


      « Qu'est-ce qu'une société disneylandisée ? Peut être appelée ainsi toute société où les maîtres sont maîtres des attractions et les esclaves spectateurs ou acteurs de celles-ci. » [*]

     « Peut être nommée disneylandienne toute dictature qui contraint aux loisirs – et qui songerait à se révolter contre une oppression qui ne communique, au fond, que l'ordre de s'amuser ? » [*]

 

     Combattre pour la sainte démocratie disneylandienne, ou pour le seul pouvoir d'achat des salariés ou des directeurs ou des actionnaires, ou pour la tolérance de tout, ou contre le seul racisme – c'est vouloir m'utiliser, me transformer, m'adapter, me stériliser, m'effacer, ou pire encore me rendre complètement transparent inoffensif et offert.


     Laxisme de l'Éducation et de la Justice ? L'esprit universaliste français c'est dravidien ? Immigration ? Tiers-mondisme ? Européanisme ? Décadence ? Je glisse aussi complètement sur ces notions là : car depuis toujours, je pense à l'histoire du chevalier de la Barre :

 

     « "L'affaire du chevalier de La Barre", de Voltaire ((Folio). La relation d'un procès hallucinant qui se déroula en 1776. Un jeune homme et deux de ses amis furent accusés à la manière de l'Inquisition, pour ne pas avoir enlevé leur chapeau au passage d'une procession. L'accusateur avait une revanche à prendre sur leur famille. La méthode de l'accusation fut un des derniers baroud d'honneur de l'Inquisition en France, où l'on incita la population à la délation sous la menace de périr en enfer. Malgré cela rien ne pu être mis à charge. Un des juges était interdit de juridiction. Cela se termina par le supplice du jeune homme: langue arrachée, poignet coupé, décapitation et corps jeté dans les flammes. il y a à peine deux siècles et des poussières, il s'est fait couper le poing puis fait mettre à mort par les braves gens d'ici, à cause de son mépris jugé blasphématoire… parce qu'il n'avait pas mis un genou à terre devant une procession religieuse. » [**]


 

     Oui, « plus jamais un genou à terre ! », c'est tout ce qui m'importe !  


     Il paraît que l'histoire du chevalier de la Barre [lien] date un peu de deux siècles passés et qu'aujourd'hui, c'est une toute autre Histoire qui ne reviendra jamais sur… l'ancienne. D'ailleurs, aujourd'hui, on aurait atteint comme un sommet de l'Histoire. Mais c'est vrai : « Au royaume du Bien, les dates n'existent pas, l'Histoire est un préjugé, la réalité une contingence absurde. » [*]


     Au royaume du Bien, les gens ordinaires, on leur raconte des histoires où il n'y a pas de place pour réfléchir, et d'ailleurs, réfléchir, quand on n'est pas payé pour, « c'est relou ». Je me méfie, plus que des dieux et des diables, des braqueurs de banques et des crocodiles : des braves gens. Jamais les citoyens de Disneyland ne deviendront des hommes. A tout jamais, ils resteront larvaires et crépusculaires, et dangereux. Et… « tous perfusionnés de bienfaisance. Un nouveau chapitre de l'Histoire sous hypnose était en train de s'ouvrir, là, sous nos yeux. » [*]

 

     Le sourire de contentement (de travailler et de consommer) est donc une obligation, et d'ailleurs tout le monde y possède le célèbre passeport « Disneylandien » pour pouvoir devenir aussi Mickey ou Minnie ou même le maire de Disneyland, avec leurs grandes oreilles monstrueuses et révélatrices d'insensibilité.

     Mais sous la Cité Disneyland, il y a les cousins de Mickey, d'autres gros rats et énormes souris, mutants, tarés et « binocleux », qui font des expériences et de la vivisection sur des humains et d'autres Mickey (ils sont capables de « ça » entre eux) : avec le plus grand sérieux.

 


     « Rien n'est vrai, tout est permis » : en ce qui me concerne, il n'y a pas de problème pour prendre du recul avec cette réalité qui m'est proposée par les Nornes (Les Nornes tirent les fils de notre Destin - [lien]).


     Les Nornes ont tissé mon destin et je ne me plains pas d'elles. Les moments de bonheur dans ma vie, la plupart du temps je ne les dois pas aux braves gens d'aujourd'hui (ou même à mes parents). C'est que la société ou l'influence des astres, comme on voudra, dépassent déjà le citoyen moyen (avec leurs sourires permanents de Jokers ordinaires) à tous points de vue… heureusement, vraiment ? Mais ce serait un peu trop croire facilement : à ce qu'on nous dit de l'influence des astres et de la volonté de justice inhérente à notre société !

 

     « Nos nouveaux maîtres de droite comme de gauche, dans le fond de leur âme, s'appellent tous Mickey ou Minnie. » [*]

 

    Sur la planète Terre, ils bazardent les dictateurs du Tiers-Monde parce que ces derniers sont trop nationalistes, en fait c'est une guerre de territoires entre gangs. La World Company et la World Mafia ont décidé d'occuper tout le quartier « Terre ». Les services secrets américains et anglais, sous prétexte de Sainte Démocratie, veulent faire aux arabes et aux africains le même coup qu'ils ont déjà fait aux Européens. Leur inculquer dès la naissance le goût du melting-pot comme religion, du poulet aux hormones et de la télévision-poubelle. Et les élites ne valent pas mieux, dans ce cas là.

     A Bagdad, qui était la cité arabe la plus cultivée (avant la guerre, l'irakien moyen était même plus instruit que l'américain moyen, ce qui peut aujourd'hui paraître incroyable ?), ils ont tout méthodiquement broyé : le passé, le présent, le futur - systématiquement, volontairement. Naomie Klein, dans la "Stratégie du Choc", décrit bien le phénomène monstrueux.

     Et puis ils ont édifié un Parc Disneyland (l'essence de leur soi-disant culture qui est la "disneylandisation" de toute société, là où les hommes politiques s'appellent tous Mickey et Minnie, et où tous les habitants sont bien textuellement des "enfoirés") à Bagdad.
     Symbole absolue de l'abêtissement, l'infantilisation et l'inféodation des vaincus... par les brutes.

 

     Je ne suis pas du tout anti-américain et je suis tout autant américain que toi, toi qui te revendiques des leurs. J'aime beaucoup de ses films, de ses gens et de ses paysages.
     L'Amérique, ce n'est pas un pays, c'est les multi-dimensions, les pires et les meilleurs des humains, des sentiments et des rêves.
     Il y a juste, vous qui avez dépecé l'Irak et bien d'autres, que votre Amérique n'est pas du tout la mienne.      
                     

                          

     A Disneyland, il n'y a plus que le coffre de l'oncle Picsou, le chat du bord qui est persécuté ou embastillé, et les souris qui font la loi. C'est pour cela que c'est « marrant ».
     Mais à considérer, quand les enfants sont devenus grands et que la réalité est là, est-ce que c'est
«
vraiment » marrant ?

     A Disneyland, on arrête pas de te répéter sur un ton suraigu : « Tu es un gagnant, tu es un gagnant ! » et cela t'a rendu faible et bête, et tu as fini par le croire. Cela t'a définitivement parasité tout ton « temps de cerveau disponible », si cher aux publicitaires.

     Alors, peut-être, Aficionado, que tu as besoin d'aide et d'une bonne séance d'exorcisme. Alors, aie confiance ! Avec mes deux index l'un posé sur l'autre, je fais le signe de la Croix (même le païen que je suis est toujours impressionné par ces séances là) et je m'époumone plusieurs fois face à toi, carrément ironique :

    
« Simplet, Simplet, sors de ce corps !! ! »

     ...et puis...
«  Mickey, Mickey, sors de ce corps !!!!! »

     Et maintenant...
     ... « Ça va mieux maintenant ? »


    


 

                                                                            Odal GOLD
‭                                                                            www.odalgold.com

 

 

                                                       [*] Philippe MURAY – « Désaccord Parfait » (Gallimard)

                                                       [**] vu dans la Tribune de Genève









14/07/2008
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