Le Soleil au Zénith

Les rites et les lois pour mieux se cacher ?!

 

 

     Est-il vraiment possible qu'il ait existé, dans un lointain passé, des gens qui dépassent tout ce qui se connaît aujourd'hui ? Est-il vraiment possible qu'il ait existé des gens qui n'avaient pas besoin de condi­tionnements reli­gieux, politiques, rituels – pour exister, pour vivre, pour savoir, pour s'organiser en toute harmonie ?

     Il n'y a pas que des restes comme l'art du Yoga ou les mystères des Andes qui me font penser cela.

     Ainsi parle Lao-Tseu, dans le « Tao Tê King » (traduit par Richard Wilhelm et Etienne Perrot) :

 

 

« En d'autres termes, après l'oubli de la nature avec ses instincts naturels bons, vinrent les principes artificiels palliatifs de ce déficit ; lesquels sont, dans l'ordre descen­dant, la bonté, l'équité, les rites et les lois.

 

Oui, les rites ne sont qu'un pauvre expédient pour cou­vrir la perte de la droiture et de la franchise originelles. Ils sont une source de troubles (étiquette, rubriques) plutôt que d'ordre.

 

Enfin le dernier terme de cette évolution descendante, la sagesse politique, fut le commencement de tous les abus.

 

L'homme vraiment homme, s'en tient à la droiture et au bon sens naturel, méprisant les principes artificiels. Usant de discernement il rejette le faux, pour embrasser le vrai. »

 

 

 

 

 

     Les sommités d'aujourd'hui supposent que Lao-Tseu était biblio­thécaire et qu'il aurait tiré son enseignement de manuscrits écrits du fond des âges. Ces sommités ne semblent donc pas envisager que Lao-Tseu était assez vivant et imaginatif, pour avoir créé lui-même un tel système de pensée. Pourtant il a bien fallu de toute façon que quelqu'un commence à se faire cette réflexion – de ce qu'est un homme vrai.

 

 

 

« Le temps de cerveau disponible »

 

     Aujourd'hui, on nous parle savamment du temps de cerveau disponible. Cela n'a apparemment rien à voir même avec la cause d' « une tête bien faite dans un corps bien fait ».

 

     Patrick Le Lay, PDG de TF1, interrogé parmi d'autres patrons dans un livre « Les dirigeants face au changement » (Editions du Huitième jour) affirme  [*] :

 

" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective "business", soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c'est d'aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).

Or pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible (...).

Rien n'est plus difficile que d'obtenir cette disponibilité. C'est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l'information s'accélère, se multiplie et se banalise. "


     Ceux qui nous dirigent (et ceux qui les ont mis au pouvoir, et ils sont bien plus nombreux) ne se poseront apparemment jamais la question de savoir ce que peut être un homme vrai, à défaut d'en rire.

 

 

 

Rien ne les dérange

 

     Cela me rappelle les mots d'un ancien magistrat entendu sur « Radio Néo », qui constatait :

 

« Quand j'étais tout jeune magistrat, j'ai commencé » à vouloir m'intéresser à certaines affaires sensibles de pots de vins et de droit aux affaires. J'ai été convoqué sèchement par mon supérieur hiérarchique qui m'a fait : « Mais de quoi vous vous mêlez ? Pour qui vous prenez vous ? Vous vous croyez où ? »

     En fait la Justice dans nos pays est seulement là pour s'occuper de calmer les pauvres, la plupart des gens jugés le sont pour des histoires sordides sinon dérisoires. »

 

« Ce qui me surprend le plus, c'est quand je vois la docilité et le manque de personnalité des jeunes magistrats en formation. Et je me demande comment ils peuvent juger, de par leur psychisme et leur vécu, par exemple, une femme qui aurait tué ses enfants (comment pourraient-ils même imaginer les tenants et les motivations profondes d'un tel acte ?). »

 

     Et cet ancien magistrat ajoutait :

 

« Ce qui me surprend le plus, c'est la docilité de ces futurs collègues que je côtoie parfois. Ces futurs magistrats apprennent et sont prêts à tout pour réussir et grimper dans la hiérarchie et les cénacles.

 

Ces jeunes magistrats en formation, ils sont encore pires dans le même genre que ceux de ma génération, qui avaient encore quelques velléités idéalistes : ceux là, il n'y a vraiment plus rien qui les dérange. »

 

 

La société et ses lois cybernétiques

 

     Je me souviens d'une lecture de Roland Barthe (L'empire des signes) où il compare le Japon à un ordinateur dont les composantes (« humaines », vraiment ?) sont associés et dirigés par les traditions et par les symboles. Ainsi, quand on offre là-bas un cadeau, ce ne serait pas le cadeau qui compte mais l'emballage et la manière d'offrir.

 

 

 

     On dirait qu'en dehors d'un système pourtant broyeur des individus – il n'y a souvent pas plus « humain » ni rien à attendre de meilleur « en dehors ». La société et ses lois cybernétiques semblent souvent au dessus de l'individu moyen. Est-ce si normal ? Non.

 

     D'après Lao Tseu, répétons-le : « Oui, les rites ne sont qu'un pauvre expédient pour cou­vrir la perte de la droiture et de la franchise originelles. Ils sont une source de troubles (étiquette, rubriques) plutôt que d'ordre. »

 

     La politique, les rites et les lois pour mieux se cacher ?

 

 

 

 

 

 

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04/04/2010
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