Le Soleil au Zénith

Les super-héros et les notables confis

    

    

     Le véritable Pouvoir, c'est être un hacker de quatorze ans, vivant chez ses parents et parfois chez des potes ; être capable de lancer des missiles atomiques et des com­mandos de raiders, piller les banques mondiales et les données de « Police Central » ; de choisir qui devra payer ses dus et qui sera libre ; libre de faire le tour du monde dans tous les Hilton de la Terre – si je veux. 

     Le Pouvoir, c'est deux doigts de matière, et 98 % de don. Voilà ce qu'est le vrai pouvoir, pas celui des hommes de paille et autres gesticulateurs de la science et de la politique, qui font juste partie de la machine – sur laquelle deux jeunes doigts peuvent appuyer doucement et décider de l'avenir.

     Le véritable Pouvoir, c'est d'être efficace. Le véritable Pouvoir éventuellement, c'est de tout me prendre sans avoir toujours à répéter : « C'est pour ton bien ! »

 

   

       

                                                                       

    Le véritable pouvoir relève de la magie. Les honnêtes gens disent qu'ils n'ont rien à voir avec la magie.

     Il y a plein de fantômes qui s'interposent entre les braves gens, la réalité, et moi.  

     Ils sont défendus par des dieux, des flics, des diables, des poupées vaudou et les super-héros. C'est la magie des braves gens. 

     Ils entendent que je devienne comme tous ceux-là, et que ma vie tourne autour de celle des braves gens.

     Mais ils ne méritent pas que je croie à ces fantômes.

 

 

     Ces compagnons-là, les super-héros, sont infantiles, et ils se battent pour l'argent des autres. Ils sont un sous-produit de l'idéal marchand, qui par peur de toutes les ombres de la cité et des bois, ne peut assumer sa propre défense.  

     Les super-héros n'ont (jamais) aucune considération ni pitié pour les braqueurs de banques et pour les agités du fait divers, et surtout aucune suspicion vis-à-vis des braves gens – qui sont souvent rusés et sournois comme des rats. Le super-héros est un effet de la chaleur, une réflexion lumineuse, de la silhouette des marchands sur leurs propres murs.

 

 

 

 

     Parfois le super-héros ne fait plus attention, à cause du stress, il redevient lui-même, matérialiste et vulgaire. Le super-héros, c'est le super-idiot du village.

 

     Je ne vois rien d'autre dans un Spider Man ou un Batman – que « l'idiot dans un corps de géant » du village, que le défenseur, aveugle de naissance, des usuriers confis et des notables veules. Pour lui forcément un diable est un hors-la-loi, un asocial, un pauvre ou un esclave révolté. Le géant ne comprend rien du spirituel (y compris celui qui se cache dans la langue, qui définit aussi un diable comme étant un outil de transport pour la marchandise). Le super-héros personnifie la matière elle-même qui n'arrive pas à se décoller d'elle-même, et qui veut faire porter cette charge inharmonieuse sur les épaules des asociaux, des pauvres, des braqueurs de banque et des travailleurs révoltés.

     Le super-héros des BD américaine (Superman, Spider Man, Batman) est complètement englué, comme un pot de glaise dans la terre, par la matière.

     Grâce à lui, mon esprit et mon corps ont aussi de quoi manger.

 

 

 

     D'autres fantômes s'agitent. À petites doses, ces « entre mondes » de papiers glacés, et le bitume sous mes pieds, je les transforme en pensées et je les brûle lentement pour passer le temps. Et ma volonté c'est leurs volutes.

 

     La belle histoire de tous ces dieux protecteurs des notables confis, de tous ces super-héros, c'est juste de la confiture de cœur. Tous ces dessins extra­ordinaires, ils me parlent et je les digère à ma manière. C'est pour cela qu'ils sont magiques.

 

     Je n'arrive pas à prendre au sérieux l'insulte, la hiérarchie, le calcul. Je frôle quelque chose qui se moque du monde humain, comme l'Homo Erectus se moquait du monde des singes. Pas plus que ça, bien sûr ?

     Cela faisait longtemps que les Anciens Ordinateurs s'étaient appro­prié l'univers immense, et que pour eux l'humanité terrestre n'était qu'un grain de sable, taillée dans la vie par la marée des étoiles.

 

 

 

 

     Il y en a plein pour rêver de remplacer Batman et Superman et la reine des abeilles.

     Peut-être que quand ils se voient armés et en super-héros, ceux-là sentent que l'intelligence et la forme, dans cette civilisation n'ont pas d'issues. Il n'y a plus que la parole pour faire des trous, la vengeance, le travail, les amis. C'est un peu creux.

     Y aurait-il vraiment des histoires parallèles, influant sur la nôtre ? Par exemple il y aurait des drôles de guerres, des héros de westerns spaghetti, et avec une certaine manière de voir, des soldats dans une guerre de sécession parallèle, dans cette Europe trop vieille et trop tranquille, dans cette Europe qui s'unifie ?

  

     Les super-héros, ce serait de toute façon des histoires et des sagas vraies de chair et de sang – contées avec des images coloriées, avec bonheur et fantaisie ?

  

 

                     Odal GOLD

 

                                  www.odalgold.com

 

 

 

PS :

 

 

     Batman n'est pas qu'un Seigneur nouvelle sauce (avec multinationale et domesticité docile). Dans un épisode, Batman plaisante et se moque de sa prochaine victime (un « délinquant, un terroriste ») en se présentant lui-même comme un Saigneur (style chauve-souris, vampire, etc.). Il faut prendre Batman, là aussi, au premier degré.

     Batman est comme un de ces politiciens (et en même temps milliardaires et justiciers ou juristes) américains qui parlent au nom de tous et qui agissent dans l'ombre pour leurs seuls intérêts. Batman, pour reprendre l'expression de Naomi Klein concernant l'activité des politiques américains dans leur ensemble, c'est « un exercice de projection de masse à la faveur duquel une infime élite uniquement préoccupée par ses propres intérêts prend ses besoins et ses désirs pour ceux des autres ».

     « Il s'agit dès lors de dépeindre une lutte élémentaire entre le bien et le mal ».

 

     Moi je rêve d'un piège à batman et à souries géantes, et autres saigneurs aux dents pointues. Un de ces financiers, très moral et très patriote, avancerait son museau...et clac !!! 

 

 

 

 



10/07/2007
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